Affirmez le programme commercial des peuples ! Démantelez l’OMC !

Nous savons qu’au cours de ses 26 années d’existence, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et son cadre néolibéral ont servi les intérêts des multinationales et de quelques élites économiques mondiales, entraînant la destruction des moyens de subsistance et de l’environnement. Nous assistons à une crise de l’emploi sans précédent, avec 255 millions de suppressions d’emplois, soit près de cinq fois le nombre d’emplois perdus pendant la crise économique mondiale de 2008. Pendant ce temps, les bénéfices engrangés par les entreprises continuent d’augmenter et, selon Oxfam en 2021, « les dix hommes les plus riches du monde ont vu leur fortune cumulée augmenter d’un demi-trillion de dollars depuis le début de la pandémie. » Le commerce mondial reste conçu pour servir les économies les plus riches. Les échanges commerciaux de 10 % des plus grandes économies mondiales ont connu une croissance de 12 %, tandis 40 % des plus petites économies n’ont enregistré pratiquement aucune croissance, ces dernières ayant subi des baisses de 26 % [1] .

Avec une croissance continue dans les économies riches, nous devons nous attendre à ce que les riches deviennent plus riches et que les économies pauvres continuent d’être à la traîne, plaçant une plus grande partie de la population mondiale dans la misère.

Les mesures concernant les investissements et liées au commerce (MIC), qui couvrent la réglementation nationale sur les investissements étrangers, ont entraîné une course aux salaires les plus bas et une détérioration des normes de travail pour les travailleurs. L’accès aux marchés pour les produits non agricoles (AMNA) concerne les droits de douane et les droits non tarifaires sur tous les produits non agricoles, qui représentent environ 90 % des exportations totales de marchandises. Ces mesures visaient à abolir toute restriction pour les investisseurs étrangers, ouvrant ainsi la voie à une excellente expansion des industries extractives et des plantations d’entreprise. La libéralisation continue des marchés du travail fait que de plus en plus de travailleurs et de pêcheurs se retrouvent en situation de précarité, avec un revenu réel qui ne cesse de chuter malgré l’augmentation continue de la productivité du travail.

L’OMC a obligé les pays pauvres et émergents à ouvrir leurs économies aux biens et capitaux étrangers par le biais de traités internationaux tels que l’Accord général sur le commerce des services (AGCS) et l’Accord sur l’agriculture (AsA). Avec l’AsA, la production agricole locale est noyée sous le flot de produits agricoles importés, ce qui réduit encore les prix à la production et détruit les revenus et les moyens de subsistance des petits agriculteurs. L’imposition de réductions tarifaires et la suppression des barrières commerciales ont entraîné la destruction des économies nationales et des forces productives, notamment des industries et de l’agriculture locales.

L’OMC reste l’un des principaux obstacles à la diffusion des médicaments et des thérapies qui sauvent des vies. L’accord de l’OMC sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC) a permis de tirer des superprofits grâce aux brevets pharmaceutiques et au monopole sur l’industrie. Cet accord continue de servir les intérêts des grandes entreprises pharmaceutiques, des sociétés transnationales (STN) et de leurs hôtes impérialistes, au détriment de notre santé et de nos vies.

La multiplicité des accords de libre-échange négociés et promus par l’OMC a perpétué ce système d’inégalité entre les pays du Nord et du Sud. La fidélité de l’OMC au paradigme néolibéral défaillant a permis à la richesse de continuer à être concentrée en plus grand nombre dans quelques économies riches, tandis que le reste des économies du Sud se retrouve avec des miettes.

Nous sommes tous porteurs de la preuve que l’Organisation mondiale du commerce
(OMC), au cours des dernières décennies, depuis 1995, a servi de promoteur et de
soutien aux entreprises et à l’élite économique. La promesse d’un « monde économique
plus prospère, plus pacifique et plus responsable » faite par l’OMC n’est vraie que pour
les quelques membres de l’élite économique mondiale, tandis que le reste d’entre nous
est enfoncé dans la boue de l’inégalité et de la pauvreté, nos terres sont noyées par la
montée du niveau de la mer, nos lèvres sont desséchées par l’élévation sans précédent
des températures mondiales.

Les représentants et les promoteurs de l’élite économique mondiale se retrouveront le 30 novembre prochain lors de la réunion ministérielle de l’OMC. Nous sommes conscients de la réponse apportée par l’OMC face à la pandémie de COVID-19, qui promet maintenant un processus de « reprise » promouvant une ibéralisation et une déréglementation accrues des échanges et du commerce, qui sont les principes mêmes du néolibéralisme qui nous ont conduits à cette crise pour commencer. Cette politique commerciale mondiale a ravagé et détruit des vies et des moyens de subsistance, a violé nos droits fondamentaux et a endommagé de manière irréversible l’environnement et la planète. Elle a déjà trahi les peuples du monde et n’a donc pas l’intégrité nécessaire pour nous dire comment nous relever et construire un monde meilleur. Nous lançons donc cet appel clair pour obtenir la dissolution de l’Organisation mondiale
du commerce et de tous les accords de libre-échange. Nous devons mettre en place un nouvel ordre commercial mondial sous l’égide des Nations unies, qui favorise le commerce et le développement des peuples. Dans le cadre de ces nouveaux mécanismes, le commerce doit être équitable et égal entre les pays et les peuples, où l’agenda des peuples, l’intérêt et le bien-être des populations et de l’environnement priment sur les intérêts des entreprises et de l’élite mondiale. Nous lançons cet appel pour un nouveau mécanisme couvrant le commerce mondial qui favorise les vies et les moyens de subsistance et protège nos terres, nos océans et notre air, en remplacement de l’OMC qui reste sous le contrôle des STN et de l’élite économique.

Nous sommes les travailleurs du monde entier qui font campagne pour People over Profit (Peuple plutôt que le profit). People Over Profit (POP) est une plateforme de campagne mondiale dirigée par les travailleurs réunissant les travailleurs, les mouvements sociaux et les ONG du monde entier contre l’avidité et le pillage des entreprises et pour exiger que les gens fassent plus de profits, en luttant contre l’hégémonie impériale des sociétés transnationales (STN) sur la vie quotidienne des travailleurs. Le pouvoir des STN menace notre démocratie, nos droits et nos vies.

Le POP est une plateforme de campagne regroupant principalement des organisations et des peuples du Sud. Le POP est notre contribution à la construction d’une résistance populaire mondiale contre la cupidité des entreprises et le pillage des société transnationales. Nous promouvons et soutenons la résistance des peuples du monde entier contre toutes les formes d’attaques néolibérales des entreprises en partageant des analyses et des informations et en coordonnant des actions aux niveaux national, régional et mondial.

Nous réitérons donc notre appel à la dissolution de l’OMC et de tous les accords de libre-échange, ainsi qu’à la création d’un nouvel ordre commercial mondial soucieux de la promotion de l’agenda économique des peuples et l’égalité commerciale entre les nations et les peuples. Les gouvernements et leurs représentants doivent cesser de servir les intérêts des STN. Il est grand temps que l’intérêt des peuples du monde prime sur celui des sociétés et des quelques élites économiques.

Défendez nos emplois et nos moyens de subsistance maintenant !
Démantelez l’OMC et mettez fin au commerce dirigé par les entreprises !
Retirez les monopoles et les sociétés transnationales de nos vies !

Nous apposons nos signatures comme preuve de notre engagement à travailler ensemble et faire aboutir nos revendications. Nous confirmons nos responsabilités pour amener plus d’organisations et de personnes à travers l’hémisphère Sud à prendre part au travail du POP et faire aboutir nos revendications.

Signataires initiaux :


Mondiaux et régionaux :


International League of Peoples’ Struggle (ILPS)
International Indigenous Peoples Movement for Self-Determination and Liberation
(IPMSDL)
Peoples Coalition on Food Sovereignty (PCFS)
International Women’s Alliance (IWA)
Asian Peasant Coalition (APC)IBON International
Asia Pacific Research Network (APRN)
Asia Pacific Mission for Migrants (APMM)
Pesticide Action Network – Asia Pacific (PANAP)
IBON Europe

Nationaux :


Philippines Kilusang Magbubukid ng Pilipinas (KMP)AMIHAN (National Federation of Peasant Women)
PAMALAKAYA (National Federation of Small Fisherfolks Organization in the Philippines)
Cambodia Ponlok Khmer
Hong Kong Asia Monitor Resource Center (AMRC)
India Center for Research and Advocacy in Manipur (CRAM)
Indonesia Aliansi Gerakan Reforma Agraria (AGRA)
Serikat Perempuan Indonesia (SERUNI)
Institute for National and Democracy Studies (INDIES)

Malaysia TENAGANITA Women’s Force
Mongolia Centre for Human Rights and Development
Pakistan Pakistan Kishan Mazdoor Tehreek

Roots for Equity

[1] https://unctad.org/news/international-trade-back-not-all. CNUCED. 2021

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